Sabina Gámez Ibarra
Lignes de désir
— Montreal Monochrome XI — TRANSIENT
Performance de Sabina Gámez Ibarra.
Le samedi 5 septembre 2026. Portes ouvertes dès 17h30.
Performance à 18h suivie d’un atelier participatif de 50 minutes.
Montréal Monochrome est une série de conférences annuelles destinée aux artistes et aux travailleur·euse·s culturel·le·s autochtones, Noirs et de couleur, organisée par le Comité Fabuleux d'articule. Cette 11e édition, qui se tiendra du 2 au 6 septembre 2026, s'élargira pour accueillir des invité·e·s de partout au Canada afin d'explorer notre thème : TRANSIENT. Détails sur cette édition de Montréal Monochrome et programme complet.
Lignes de désir, ou Desire Paths, est une performance participative qui explore les tensions entre la médiation numérique et le corps physique. L’œuvre s’ouvre sur une performance en solo dans laquelle l’artiste imite le travail systématique à travers des mouvements et des gestes rigides et mécaniques, sur fond de projection représentant le paysage métropolitain de Montréal à un rythme effréné. À l’aide de miroirs tenus à la main pour réfracter la vidéo projetée sur les murs, le plafond et le public, le geste cherche à libérer le corps du plan numérique et de ses limites rigides. Au fur et à mesure que la performance avance, ces mouvements rigides se transforment en un effort frénétique pour suivre et ancrer son propre reflet. Cette lutte pour suivre une image qui glisse traduit l’angoisse d’un corps tentant de rester présent sous le poids d’un système qui exige une productivité constante. Au sein de cette interaction, l’humour et l’absurdité deviennent des outils de résistance, explorant la manière dont la présence devient éphémère lorsqu’elle est piégée dans une boucle de production incessante.
À l’issue de la performance, l’œuvre se transforme en une exploration collective. Les participant·e·s sont invité·e·s à intervenir dans l’environnement numérique en proposant d’abord des vidéos ou des photos de lieux qui évoquent pour elleux un sentiment de rigidité ou d’enfermement. Ensuite, à l’aide d’un dispositif de green screen improvisé, elleux sont invité·es à enregistrer leurs propres mouvements, gestes et interprétations visant à briser ces schémas. Ces enregistrements sont incrustés en direct et projetés directement dans les paysages proposés, permettant ainsi aux participant·e·s de transformer les espaces qu’elles souhaitent subvertir. En exposant le processus technique et le montage en direct, l’œuvre privilégie l’accessibilité communautaire plutôt que le raffinement high-tech, en plaçant le corps au cœur de l’intervention.
Enfin, en utilisant des fragments de miroir pour réfracter leurs images projetées, les participant·e·s dissolvent les frontières rigides afin de transformer le paysage numérique et leurs propres corps en un collage en direct. En choisissant ce qui est révélé, déformé ou dissimulé, le corps est revendiqué comme un territoire autonome plutôt que comme une machine régulée. Cette expansion collaborative transcende l’unité singulière du travail pour former un corps collectif, un essaim de mouvements qui embrasse la coexistence du Plurivers. En fin de compte, l’œuvre se déploie comme un acte communautaire consistant à être témoin de l’éphémère
Artiste
La pratique artistique de Sabina Gámez Ibarra examine la manière dont le corps féminin est perçu et recontextualisé à travers les médias numériques et l’environnement. Elle crée des installations vidéo et des performances qui font appel à diverses techniques audiovisuelles pour explorer les thèmes de l’identité, de la reconnaissance de soi et des traces laissées dans les médias numériques.
Elle explore des pratiques alternatives inspirées par le soleil, en adoptant une approche « symbiocène » qui met l’accent sur une réévaluation positive de notre relation au monde et de son influence sur les systèmes humains et écologiques. Ses recherches les plus récentes portent sur le rôle multidimensionnel du soleil, en examinant ses implications géopolitiques, sociales et environnementales. Son travail s’inspire des théories « solarpunk », qui considèrent l’énergie solaire comme un guide permettant de réévaluer les crises climatiques et sociales urgentes. Ses œuvres ont été exposées en Colombie, au Mexique, en Corée du Sud, aux États-Unis et au Canada.
Programme
Mercredi 2 septembre 2026
Soirée d’ouverture et performances
— À partir de 17h30 à articule.
Jeudi 3 septembre 2026
Fréquences Filées : table ronde
— À 13h30 : avec la participation des responsables de centres d’artistes : Abedar Kamgari (SAVAC), Sanaa Humayun (Hamilton Artists Inc.) et Alana Traficante (Gallery 44), animée conjointement par les chercheuses Madeline Collins et Suzanne Morrissette (Université OCAD).
Débat ouvert
— À 15h : Discussion ouverte, dans la continuité des thèmes abordés lors de la table ronde ; tous les participant·e·s sont invité·e·s à contribuer à cette discussion ouverte.
Discours d’ouverture (EN)
— À 17h30. Conversation en anglais, une traduction, en direct, vers le français sera offerte.
Performances
— À 19h : Dani Carter — SWIRL/SADDLE.
Vendredi 4 septembre 2026
Discours d’ouverture (FR)
— À 17h30 : en compagnie de Daniela Andrade et Fern — p(B)ajubá e a proteção de pessoas trans e travestis. Conversation en français, une traduction en anglais en direct sera offerte.
Performances
— À 19h : Joliz Dela Peña — Trespassing the Timeline
Samedi 5 septembre 2026
Ateliers
— À 15h : Sabina Gámez Ibarra — Desire Paths
Dimanche 6 septembre 2026
Conditions générales : atelier et discussion
— À partir de 13h30 : présenté par Collective Collective et COco - Centre for Community Organizations.
Trois artistes présenteront leurs oeuvres installatives durant Montréal Monochrome : Maya Amoah, Nathalie Batraville et Anna J. McIntyre.
TRANSIENT
TRANSIENT fait référence à ce qui circule sous pression : les corps diasporiques, les langues minoritaires, les archives instables, les pratiques trans/queer et racialisées qui résistent aux régimes de fixation, de mesure et de catégorisation. Contre les logiques coloniales, institutionnelles et statistiques qui réduisent les différences à des acronymes, des mesures ou des récits singuliers, TRANSIENT met en avant des formes de connaissances relationnelles, incarnées et collectives. Il crée un espace où l'identité est comprise comme un processus plutôt que comme un fait stable, où la mémoire est activée par l'usage et le geste et où le mouvement devient une stratégie de survie, de soin et de renouvellement continu.
TRANSIENT (Transitoire) désigne une condition située, façonnée par le mouvement, les contraintes et le contexte politique. Il ne s'agit ni d'un état temporaire ni d'une mobilité pour elle-même, mais d'un mode d'existence qui se forme dans cet entre-deux : entre apparition et disparition, intérieur et extérieur, visibilité et effacement. Peut-être nous retrouvons-nous toustes là, dans cet état liminal, flou et fluide, de manière momentanée ou temporaire. Qu'avons-nous fait pendant ce temps ?
Montréal Monochrome est une conférence annuelle organisée par le Comité fabuleux (anti-oppression) d'articule. Elle aborde la mauvaise et la sous-représentation des personnes autochtones et racisées dans le milieu des arts actuels montréalais. L'événement vise à imaginer et à nourrir des liens nouveaux ou déjà existants, des solidarités et des amitiés entre les artistes, penseureuses, travailleureuse·s culturel·le·s autochtones et les alliée·s racisé·e·s. Sont invité-e-s à soumissionner: les artistes, les travailleureuses culturel-le-s, les chercheureuses les organisateurices communautaires et toute autre personne intéressée. Les propositions sélectionnées pourront prendre la forme d’ateliers, de tables rondes, de débats, d’œuvres collectives, d’actions dans l’espace public, d’interventions, de performances, de manifestations, de rassemblements éclairs, entre autres.
Le Comité fabuleux est un espace pour les membres d’articule Noir·e·s, autochtones et/ou racisées, ainsi que pour les membres queer et/ou trans, Noir·e·s, autochtones et/ou racisé·e·s, afin de se rassembler, d’avoir un espace où prendre soin des un·e·s les autres, d'échanger des idées, de partager leur pratique et de voir ensemble des œuvres artistiques. Les activités du Comité fabuleux changent en fonction des besoins et des désirs des membres.
L'édition 2026 de Montréal Monochrome est rendue possible, en partie, grâce au gouvernement du Canada et au soutien de la Fondation canadienne des relations raciales.
La Fondation canadienne des relations raciales (FCRR) s'efforce avant tout de sensibiliser la population aux causes et aux manifestations du racisme au Canada. La fondation oeuvre à renforcer le tissu social au Canada en aidant, soutenant et rassemblant les groupes et les organismes communautaires grâce à des subventions, des services et un réseau de partenaires dans le milieu de la recherche, dans les secteurs privé et communautaire.