Daniela Andrade et Fern
© Crédits photographiques : Fern, 2026.
p(B)ajubá e a proteção de pessoas trans e travestis
— Montréal Monochrome XI — TRANSIENT
Conférence d’ouverture de MMXI, en français, avec Daniela Andrade et Fern.
Le vendredi 4 septembre 2026 à 17h30. Conversation en français, une traduction en anglais en direct sera offerte. Entrée libre et gratuite pour toustes.
Montréal Monochrome est une série de conférences annuelles destinée aux artistes et aux travailleur·euse·s culturel·le·s autochtones, Noirs et de couleur, organisée par le Comité Fabuleux d'articule. Cette 11e édition, qui se tiendra du 2 au 6 septembre 2026, s'élargira pour accueillir des invité·e·s de partout au Canada afin d'explorer notre thème : TRANSIENT. Détails sur cette édition de Montréal Monochrome et programme complet.
Dans cette causerie, Daniela Andrade et Fern revisitent le rôle du p(B)ajubá dans la formation des identités LGBTQIAPN+ au Brésil, tout en explorant ce que signifie aujourd'hui préserver et protéger son héritage travesti. Né au sein des communautés afro-trans et des terreiros de Candomblé avant de se diffuser à l'ensemble des communautés LGBTQIAPN+ brésiliennes, le p(B)ajubá est bien plus qu'un dialecte codé. C'est une archive vivante de survie, de solidarité, de résistance et de mémoire collective, dont la transmission continue doit beaucoup au travail politique, archivistique et culturel de l'activiste Jovanna Baby.
En abordant le p(B)ajubá à la fois comme une langue et comme une manière de comprendre le monde, cette conversation s'interroge sur ce que signifie protéger les communautés trans et travesties — non seulement contre les violences physiques et l'exclusion institutionnelle, mais aussi contre l'effacement culturel, les collaborations extractives et l'appropriation des savoirs marginalisés. S'appuyant sur leurs pratiques respectives, militantes et artistiques, Daniela Andrade et Fern réfléchissent à la manière dont des collaborations éthiques peuvent garantir que les communautés ayant produit ces savoirs demeurent au cœur de leur interprétation, de leur circulation et de leur transmission. Plutôt que d'aborder le p(B)ajubá comme une simple curiosité linguistique, iels le présentent comme une technologie vivante du soin, ayant permis à des générations de personnes trans et travesties de communiquer, d'imaginer, de s'organiser et de survivre au-delà des systèmes coloniaux de production du sens.
Phénomène à la fois multifacette et rhizomatique, le p(B)ajubá se situe à l'intersection des droits humains, des cultures subalternes, de l'émancipation des corps, des migrations, de la spiritualité, de la sémiotique, du métissage racial et culturel, ainsi que de la mémoire collective. Son vocabulaire, ses codes et ses modes de production du sens révèlent des formes de savoir qui existent depuis longtemps en dehors des institutions dominantes, tout en continuant à façonner des pratiques quotidiennes de résistance et de soutien mutuel.
En réunissant histoires orales, recherche artistique et expériences vécues, cette conversation revient à une série de questions essentielles : comment protéger la vie des personnes marginalisées tout en travaillant avec leurs héritages culturels? Le capitalisme a maintes fois bâti des institutions, des marchés et de la valeur culturelle à partir des savoirs et du travail des communautés marginalisées, avant d'effacer ou de rendre invisibles ces mêmes communautés. Comment éviter de reproduire ce processus au sein de nos propres communautés et institutions? En revisitant le p(B)ajubá, cette discussion soutient que préserver ce patrimoine linguistique est indissociable de la protection des vies, de l'autonomie et de l'avenir de l'ensemble des communautés qui continuent à le créer, le transformer et le faire vivre.
Artistes
Daniela Andrade est une militante trans diplômée en lettres et détient un diplôme de deuxième cycle dans un domaine à l'intersection du langage et des technologies. Elle a fondé la plateforme numérique Transempregos, créée pour atténuer les effets de la transphobie sur le marché du travail brésilien. Elle a participé à de nombreuses conférences et initiatives consacrées à la dépathologisation des identités et des corps trans au Brésil. Elle a été directrice du Forum de la jeunesse LGBT de l'État de São Paulo, membre de la Commission sur la diversité sexuelle de l'Ordre des avocats du Brésil (OAB) – section d'Osasco, ainsi que du collectif Feminismo sem Demagogia. Aujourd'hui, elle poursuit son engagement à titre de militante indépendante. Elle vit maintenant à Montréal depuis 2019, où elle s'implique auprès de la communauté afin de favoriser l'accès à des conditions de vie essentielles pour les personnes neurodivergentes, les enfants trans et les personnes immigrantes.
fernando belote (FERN) est un·e artiste bicha/queer brésilien·ne neurodivergent·e dont la pratique se situe à l'intersection de l'art et du langage. Nourrie par des mémoires de dissidence, de déplacement et de violence domestique, sa démarche revisite l'héritage des communautés LGBTQIAPN+ brésiliennes à travers une perspective marxiste et émancipatrice. Son travail est profondément influencé par le p(B)ajubá, un dialecte afro-trans qui lui a été transmis durant son adolescence au Brésil, entre l'âge de 13 et 19 ans, à la fois dans la rue et dans les espaces de refuge que constituent les terreiros de Candomblé. La pratique multidisciplinaire de FERN mobilise la vidéo, la performance, la céramique, la photographie, la production des zines et la fabrication artisanale de papier. À travers ces médiums, iel explore le langage comme une technologie de survie et de mémoire collective, tout en remettant en question la syntaxe coloniale et les systèmes de production du sens qui continuent de façonner notre compréhension des corps, des identités et des communautés.
Programme
Mercredi 2 septembre 2026
Soirée d’ouverture et performances
— À partir de 17h30 à articule.
Jeudi 3 septembre 2026
Fréquences Filées : table ronde
— À 13h30 : avec la participation des responsables de centres d’artistes : Abedar Kamgari (SAVAC), Sanaa Humayun (Hamilton Artists Inc.) et Alana Traficante (Gallery 44), animée conjointement par les chercheuses Madeline Collins et Suzanne Morrissette (Université OCAD).
Débat ouvert
— À 15h : Discussion ouverte, dans la continuité des thèmes abordés lors de la table ronde ; tous les participant·e·s sont invité·e·s à contribuer à cette discussion ouverte.
Discours d’ouverture (EN)
— À 17h30. Conversation en anglais, une traduction, en direct, vers le français sera offerte.
Performances
— À 19h : Dani Carter — SWIRL/SADDLE.
Vendredi 4 septembre 2026
Discours d’ouverture (FR)
— À 17h30 : en compagnie de Daniela Andrade et Fern — p(B)ajubá e a proteção de pessoas trans e travestis. Conversation en français, une traduction en anglais en direct sera offerte.
Performances
— À 19h. Détails à venir.
Samedi 5 septembre 2026
Ateliers
— À 15h : Sabina Gámez Ibarra — Desire Paths
Dimanche 6 septembre 2026
Conditions générales : atelier et discussion
— À partir de 13h30 : présenté par Collective Collective et COco - Centre for Community Organizations.
Trois artistes présenteront leurs oeuvres installatives durant Montréal Monochrome : Maya Amoah, Nathalie Batraville et Anna J. McIntyre.
TRANSIENT
TRANSIENT fait référence à ce qui circule sous pression : les corps diasporiques, les langues minoritaires, les archives instables, les pratiques trans/queer et racialisées qui résistent aux régimes de fixation, de mesure et de catégorisation. Contre les logiques coloniales, institutionnelles et statistiques qui réduisent les différences à des acronymes, des mesures ou des récits singuliers, TRANSIENT met en avant des formes de connaissances relationnelles, incarnées et collectives. Il crée un espace où l'identité est comprise comme un processus plutôt que comme un fait stable, où la mémoire est activée par l'usage et le geste et où le mouvement devient une stratégie de survie, de soin et de renouvellement continu.
TRANSIENT (Transitoire) désigne une condition située, façonnée par le mouvement, les contraintes et le contexte politique. Il ne s'agit ni d'un état temporaire ni d'une mobilité pour elle-même, mais d'un mode d'existence qui se forme dans cet entre-deux : entre apparition et disparition, intérieur et extérieur, visibilité et effacement. Peut-être nous retrouvons-nous toustes là, dans cet état liminal, flou et fluide, de manière momentanée ou temporaire. Qu'avons-nous fait pendant ce temps ?
Montréal Monochrome est une conférence annuelle organisée par le Comité fabuleux (anti-oppression) d'articule. Elle aborde la mauvaise et la sous-représentation des personnes autochtones et racisées dans le milieu des arts actuels montréalais. L'événement vise à imaginer et à nourrir des liens nouveaux ou déjà existants, des solidarités et des amitiés entre les artistes, penseureuses, travailleureuse·s culturel·le·s autochtones et les alliée·s racisé·e·s. Sont invité-e-s à soumissionner: les artistes, les travailleureuses culturel-le-s, les chercheureuses les organisateurices communautaires et toute autre personne intéressée. Les propositions sélectionnées pourront prendre la forme d’ateliers, de tables rondes, de débats, d’œuvres collectives, d’actions dans l’espace public, d’interventions, de performances, de manifestations, de rassemblements éclairs, entre autres.
Le Comité fabuleux est un espace pour les membres d’articule Noir·e·s, autochtones et/ou racisées, ainsi que pour les membres queer et/ou trans, Noir·e·s, autochtones et/ou racisé·e·s, afin de se rassembler, d’avoir un espace où prendre soin des un·e·s les autres, d'échanger des idées, de partager leur pratique et de voir ensemble des œuvres artistiques. Les activités du Comité fabuleux changent en fonction des besoins et des désirs des membres.
L'édition 2026 de Montréal Monochrome est rendue possible, en partie, grâce au gouvernement du Canada et au soutien de la Fondation canadienne des relations raciales.
La Fondation canadienne des relations raciales (FCRR) s'efforce avant tout de sensibiliser la population aux causes et aux manifestations du racisme au Canada. La fondation oeuvre à renforcer le tissu social au Canada en aidant, soutenant et rassemblant les groupes et les organismes communautaires grâce à des subventions, des services et un réseau de partenaires dans le milieu de la recherche, dans les secteurs privé et communautaire.