Joliz Dela Peña
Trespassing the Timeline
— Montreal Monochrome XI — TRANSIENT
Performance de Joliz Dela Peña.
Le vendredi 4 septembre 2026 à 19h.
Montréal Monochrome est une série de conférences annuelles destinée aux artistes et aux travailleur·euse·s culturel·le·s autochtones, Noirs et de couleur, organisée par le Comité Fabuleux d'articule. Cette 11e édition, qui se tiendra du 2 au 6 septembre 2026, s'élargira pour accueillir des invité·e·s de partout au Canada afin d'explorer notre thème : TRANSIENT. Détails sur cette édition de Montréal Monochrome et programme complet.
Dans Trespassing the Timeline, l’artiste crée un collage d’actions puisées dans des expériences vécues et dans l’imagerie collective, réinventant des objets violents en les transformant en jouets et jeux destinés aux enfants et aux jeunes publics. Des pistolets-jouets, des munitions et des coffrets de jeu qui reproduisent l’imagerie des institutions d’autorité deviennent les principaux objets d’interaction entre l’artiste et le public.
Un pistolet à bulles, une mitrailleuse jouet produisant un bruit de « rat-a-tat-tat », un pistolet à eau, un jeu de chasse, un ensemble de jeu sur le thème de la police ou de l’armée : ces objets véhiculent des images qui précèdent les récits que nous racontons à leur sujet. Qu’est-ce qui vient en premier ? L’histoire de guerre, la propagande, le sauveur héroïque, le terroriste, la chasse ? Par le jeu, ces récits peuvent devenir familiers avant même d’être compris.
La performance fait entrer ces objets dans un espace partagé avec le public, transformant leurs fonctions et leurs associations à travers une séquence d’actions, de gestes et de jeux. En juxtaposant l’innocence apparente du jeu aux réalités de la violence armée, de l’autorité de l’État et de la déportation massive d’immigrés, Trespassing the Timeline examine comment la violence est conditionnée, répétée, normalisée et transmise d’une génération à l’autre.
Artiste
Joliz Dela Peña, également connue sous le pseudonyme JDP 2009, est une artiste interdisciplinaire autodidacte et une travailleuse culturelle née aux Philippines, qui vit aujourd’hui à Tiohtià:ke/Montréal. Le lien intime avec les souvenirs, l’identité et l’immigration sont des thèmes récurrents dans la pratique artistique de Dela Peña. À travers des performances accompagnées d’installations, elle cherche à faire revivre des réalités, à en explorer les complexités et à traduire des tensions invisibles en diverses qualités visuelles et tactiles.
Comme en témoignent ses œuvres, elle tente de traduire des souvenirs fragmentés de sa vie personnelle en tant qu’immigrée de première génération, en s’inspirant également d’expériences croisées, afin de construire une perspective empathique. Son objectif va au-delà de la simple contemplation et englobe une dimension militante.
Le travail de Dela Peña a été présenté lors de divers festivals au Québec et au Canada, notamment au Festival Art Souterrain (Voies/Voix Résilientes, 2022), à l’OFFTA (2023), à Art in the Open PEI (2023) et à Vibrance et Vacarme dans la région du Bas-Saint-Laurent (Caravanserail, 2024). Plus récemment, Dela Peña a présenté son travail à l’international, à León, au Mexique (Performance es utopia, 2025) et à Tokyo, au Japon (IPAMIA minimum/distance vol 9).
Programme
Mercredi 2 septembre 2026
Soirée d’ouverture et performances
— À partir de 17h30 à articule.
Jeudi 3 septembre 2026
Fréquences Filées : table ronde
— À 13h30 : avec la participation des responsables de centres d’artistes : Abedar Kamgari (SAVAC), Sanaa Humayun (Hamilton Artists Inc.) et Alana Traficante (Gallery 44), animée conjointement par les chercheuses Madeline Collins et Suzanne Morrissette (Université OCAD).
Débat ouvert
— À 15h : Discussion ouverte, dans la continuité des thèmes abordés lors de la table ronde ; tous les participant·e·s sont invité·e·s à contribuer à cette discussion ouverte.
Discours d’ouverture (EN)
— À 17h30. Conversation en anglais, une traduction, en direct, vers le français sera offerte.
Performances
— À 19h : Dani Carter — SWIRL/SADDLE.
Vendredi 4 septembre 2026
Discours d’ouverture (FR)
— À 17h30 : en compagnie de Daniela Andrade et Fern — p(B)ajubá e a proteção de pessoas trans e travestis. Conversation en français, une traduction en anglais en direct sera offerte.
Performances
— À 19h : Joliz Dela Peña — Trespassing the Timeline
Samedi 5 septembre 2026
Ateliers
— À 15h : Sabina Gámez Ibarra — Desire Paths
Dimanche 6 septembre 2026
Conditions générales : atelier et discussion
— À partir de 13h30 : présenté par Collective Collective et COco - Centre for Community Organizations.
Trois artistes présenteront leurs oeuvres installatives durant Montréal Monochrome : Maya Amoah, Nathalie Batraville et Anna J. McIntyre.
TRANSIENT
TRANSIENT fait référence à ce qui circule sous pression : les corps diasporiques, les langues minoritaires, les archives instables, les pratiques trans/queer et racialisées qui résistent aux régimes de fixation, de mesure et de catégorisation. Contre les logiques coloniales, institutionnelles et statistiques qui réduisent les différences à des acronymes, des mesures ou des récits singuliers, TRANSIENT met en avant des formes de connaissances relationnelles, incarnées et collectives. Il crée un espace où l'identité est comprise comme un processus plutôt que comme un fait stable, où la mémoire est activée par l'usage et le geste et où le mouvement devient une stratégie de survie, de soin et de renouvellement continu.
TRANSIENT (Transitoire) désigne une condition située, façonnée par le mouvement, les contraintes et le contexte politique. Il ne s'agit ni d'un état temporaire ni d'une mobilité pour elle-même, mais d'un mode d'existence qui se forme dans cet entre-deux : entre apparition et disparition, intérieur et extérieur, visibilité et effacement. Peut-être nous retrouvons-nous toustes là, dans cet état liminal, flou et fluide, de manière momentanée ou temporaire. Qu'avons-nous fait pendant ce temps ?
Montréal Monochrome est une conférence annuelle organisée par le Comité fabuleux (anti-oppression) d'articule. Elle aborde la mauvaise et la sous-représentation des personnes autochtones et racisées dans le milieu des arts actuels montréalais. L'événement vise à imaginer et à nourrir des liens nouveaux ou déjà existants, des solidarités et des amitiés entre les artistes, penseureuses, travailleureuse·s culturel·le·s autochtones et les alliée·s racisé·e·s. Sont invité-e-s à soumissionner: les artistes, les travailleureuses culturel-le-s, les chercheureuses les organisateurices communautaires et toute autre personne intéressée. Les propositions sélectionnées pourront prendre la forme d’ateliers, de tables rondes, de débats, d’œuvres collectives, d’actions dans l’espace public, d’interventions, de performances, de manifestations, de rassemblements éclairs, entre autres.
Le Comité fabuleux est un espace pour les membres d’articule Noir·e·s, autochtones et/ou racisées, ainsi que pour les membres queer et/ou trans, Noir·e·s, autochtones et/ou racisé·e·s, afin de se rassembler, d’avoir un espace où prendre soin des un·e·s les autres, d'échanger des idées, de partager leur pratique et de voir ensemble des œuvres artistiques. Les activités du Comité fabuleux changent en fonction des besoins et des désirs des membres.
L'édition 2026 de Montréal Monochrome est rendue possible, en partie, grâce au gouvernement du Canada et au soutien de la Fondation canadienne des relations raciales.
La Fondation canadienne des relations raciales (FCRR) s'efforce avant tout de sensibiliser la population aux causes et aux manifestations du racisme au Canada. La fondation oeuvre à renforcer le tissu social au Canada en aidant, soutenant et rassemblant les groupes et les organismes communautaires grâce à des subventions, des services et un réseau de partenaires dans le milieu de la recherche, dans les secteurs privé et communautaire.