South Asian Visual Art Centre (SAVAC)
Monitor 16 — Shadows Swept Far Away
Soirée de projection de films et de vidéos expérimentaux, le vendredi 16 octobre 2026.
Les portes ouvrent dès 18h30. L’événement est gratuit et ouvert à toustes.
Présenté à articule en collaboration avec le SAVAC (South Asian Visual Arts Centre).
Commissarié par Vicky Moufawad-Paul et Sameena Siddiqui.
Présentant les courts métrages de Nour Bishouty, Kevin Lee Burton, Beny Kristia, Mahishaa, Rana Nazzal Hamadeh, Chantal Partamian, Tripty Tamang Pakhrin et Ankur Yadav.
Depuis 2005, le SAVAC (South Asian Visual Arts Centre) mobilise une communauté internationale d’artistes, de commissaires d’exposition et de spectateurs à travers le programme Monitor. Monitor présente des courts-métrages et des vidéos expérimentaux qui suscitent un dialogue autour de la nature changeante de la politique, de l’économie et des paysages dans les pays du Sud et au sein de leurs diasporas.
articule a le plaisir de collaborer avec le SAVAC (South Asian Visual Arts Centre) pour présenter la 16e édition de son programme de films et de vidéos expérimentaux, Monitor. Depuis 2005, Monitor ouvre le dialogue sur la nature changeante de la politique, de l’économie et des paysages dans les pays du Sud et au sein de leurs diasporas.
Ce programme aborde le cinéma expérimental comme un espace où la résistance et la solidarité ne sont pas seulement représentées, mais activement produites à travers la forme. S’appuyant sur des travaux universitaires critiques qui situent l’écologie comme un terrain politique contesté (Rob Nixon, Anna Tsing) et le pouvoir comme une force qui gouverne la vie et la mort (Achille Mbembe), les commissaires réunissent huit films qui révèlent comment les États, les religions et les infrastructures coloniales façonnent les corps, la terre et l’imaginaire. Le montage non linéaire, le langage poétique et l’attention portée aux acteurs non humains remettent en cause l’autorité des histoires officielles, les remplaçant par des modes de connaissance intimes, fragmentés et pluriels.
Les hôtels, les coins de rue urbains, les paysages sacrés et même les espaces domestiques deviennent des témoins politisés ; des lieux où l’exploitation, les déplacements, le nationalisme et le contrôle autoritaire laissent leurs traces, mais où la bienveillance, le travail et la mémoire persistent également. En mettant au centre les perspectives autochtones, dalits, diasporiques et subalternes, le programme insiste sur le fait que la résistance n’est pas un spectacle, mais prend souvent des formes subtiles : engagement tactile avec la terre, refus poétique, reconstruction archivistique et récupération des savoirs écologiques et corporels effacés par le pouvoir colonial et étatique.
À une époque marquée par les bouleversements mondiaux, la crise environnementale et le durcissement des régimes frontaliers, les œuvres présentées dans Shadows Swept Far Away mobilisent le cinéma comme pratique de solidarité. La forme expérimentale devient un geste décolonial, transformant l’attention, la lenteur et la fragilité en actes politiques qui imaginent des avenirs au-delà de la domination, de l’exploitation et de la dépossession.
Organisme
SAVAC (South Asian Visual Arts Centre) est un centre d'artistes à but non lucratif au Canada qui se consacre à accroître la visibilité des artistes de diverses minorités culturelles en organisant et en exposant leurs œuvres, en leur offrant un mentorat, en facilitant leur développement professionnel et en créant une communauté pour leurs artistes. Le SAVAC soutient les œuvres qui abordent, de manière (in)directe, la manière dont les histoires des personnes de couleur sont représentées, parallèlement à l’histoire du colonialisme toujours en cours sur l’île de la Tortue et aux histoires postcoloniales des pays du Sud global. Ces œuvres sont audacieuses, expérimentales et offrent des perspectives multiples sur le monde contemporain.
Commissaires
Vicky Moufawad-Paul est directrice et commissaire d'exposition à la galerie A Space de Toronto. Elle inscrit son travail dans une démarche commissariale qui explore les stratégies esthétiques au service de l'autodétermination de l'Asie du Sud-Ouest, notamment à travers les contre-archives, l'opacité et le refus. Ses écrits et ses projets curatoriaux ont bénéficié du soutien de nombreux festivals, galeries et publications.
Sameena Siddiqui est doctorante en histoire de l'art, arts visuels et théorie à l'Université de Colombie-Britannique. Ses recherches, ses écrits et sa pratique de commissaire d'exposition portent sur les modernismes vernaculaires, la photographie, l'histoire des sciences et des technologies, ainsi que les cultures numériques, à travers des cadres décoloniaux, féministes et intersectionnels axés sur la résistance et la solidarité collective, en mettant l'accent sur le travail, le système des castes, les migrations et les infrastructures impériales.
Artistes
Rana Nazzal Hamadeh
Palestine
Rana Nazzal Hamadeh est une artiste palestinienne qui vit entre Ramallah, en territoire occupé, et Ottawa, sur le territoire non cédé des Anishinaabe. Ses œuvres photographiques, cinématographiques et ses installations explorent des questions liées au temps, à l’espace, à la terre et au mouvement, proposant des interventions ancrées dans une démarche décoloniale et recourant à la mémoire et au récit pour créer un lien intime avec le public. Sa pratique s’inspire profondément des savoirs issus des mouvements populaires en faveur de la justice, tant en Palestine occupée que sur l’ensemble de l’île de la Tortue.
— we would be freer (بنكون اكتر احرار)
2023, 8:41. En anglais et en arabe, avec sous-titres en anglais.
À travers des récits, ce film explore le sumac en tant que remède, épice, colorant et bien plus encore. Le sumac vinaigrier est originaire de certaines régions de l’Île de la Tortue, tandis que le sumac des corroyeurs est originaire de la Méditerranée orientale. En entremêlant les témoignages de deux femmes, l’une issue de la communauté mohawk de Kahnawá:ke et l’autre réfugiée déplacée à l’intérieur de son propre pays à Ramallah, We would be freer (بنكون اكتر احرار) invite à la réflexion sur le rôle du sumac dans ces deux territoires occupés. Imitant l’évolution des fleurs de la plante, qui passent du jaune au vert puis au rouge, le film propose une réflexion cyclique sur le lien à la terre, la durabilité et les plantes sauvages.
Nour Bishouty
Liban, Palestine, Jordanie, Canada
Nour Bishouty est une artiste multidisciplinaire qui travaille à la fois dans les domaines de la sculpture, de l'image animée, des œuvres sur papier et de l'édition d'art. Son travail s'intéresse à la fragmentation de l'histoire, ainsi qu'aux mécanismes de production et de rétention du savoir et de l'imaginaire ; elle explore les limites de l'articulation, de l'autorisation et les possibilités créatrices du malentendu.
— On the count of three
2024, 13:20. En anglais.
On the count of three imagine un hôtel quelconque comme témoin de toute la palette des activités humaines. Ponctué d’une série d’instructions, le film mêle des images d’archives et des vignettes mises en scène qui entremêlent fiction et récit historique afin d’estomper les frontières entre bienveillance, hospitalité et pulsions autoritaires.
Tripty Tamang Pakhrin
Népal, Hawai’i
Tripty Tamang Pakhrin est une artiste népalaise dont la pratique artistique englobe la photographie, l'image animée, la performance et l'installation. Son œuvre s'inspire de son enfance passée dans un hôtel-maison familiale tenu par ses parents à la frontière entre le Népal et l'Inde et s'articule autour du travail domestique, de la maternité et des limites qui définissent les relations familiales. Tripty a exposé au Népal, en Inde, en Indonésie, en Allemagne, en Norvège, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis.
— Welcome to Hotel Thai
2024, 12:05. En népalais avec sous-titres en anglais.
Welcome to Hotel Thai observe le rythme quotidien d’un restaurant et d’une auberge familiaux situés à la frontière entre le Népal et l’Inde. À travers des gestes de travail et de silence, le film retrace la relation tacite entre les deux mères de l’artiste, des femmes qui partagent un mari et un foyer mais ne se parlent pas. L’œuvre oscille entre mémoire et observation, langage et ses limites, pour réfléchir à l’endurance et à la tendresse qui persistent en l’absence de mots.
Ankur Yadav
Inde
Ankur Yadav est un artiste et poète basé au Rajasthan, en Inde. Peintre de formation, sa pratique s’étend au cinéma, à la poésie, aux installations scénographiques et aux interventions in situ. Son œuvre remet en cause les discours dominants sur les pratiques capitalistes d’exploitation, les systèmes de savoir coloniaux, ainsi que les politiques et idéologies régionales oppressives qui ont dégradé l’environnement de sa région natale. Ancrée dans le deuil, la colère et la perte, tant personnelles que collectives, sa pratique cherche à construire des perspectives alternatives qui remettent en cause les systèmes d'exploitation et s'opposent aux visions anthropocentriques du monde.
— ‘एक पुराना’ (The Old One)
2023, 10:13. En hindi avec sous-titres en anglais.
Ce film expérimental mêle poésie visuelle et textuelle dans un récit non linéaire se déroulant dans les montagnes d'Aravalli. Il capture des moments climatiques marqués par les tempêtes et les éclairs, ainsi que des croyances régionales telles que le « totka », un rituel visant à transférer des malédictions et le mépris local envers les pigeons, considérés comme des espèces envahissantes. Entremêlant mythe, écologie et anatomie à travers des réflexions sur le pouce humain, le film évoque l'imbrication mystique entre les hommes, la nature et des forces invisibles.
Kevin Lee Burton
God’s Lake First Nation
Kevin Lee Burton est réalisateur, programmateur de festivals de cinéma, monteur hors ligne et caméraman indépendant. Il est d’origine Swampy Cree et originaire de God’s Lake Narrows, au Manitoba. Dans ses œuvres en tant que réalisateur, il s’est forgé une place à part en travaillant spécifiquement dans sa langue ancestrale, le cri. Kevin a remporté les prix de la meilleure vidéo expérimentale et de la meilleure production en langue autochtone pour son film expérimental NIKAMOWIN (SONG) lors du festival ImagineNATIVE 2007.
— HOMe
2024, 02:54. Musique : « Variations » de Nicolas Jaar
HOMe est une vidéo expérimentale de trois minutes qui établit un lien entre l’homoérotisme et la terre. Explorant l’identité gay et l’indigénéité à travers des photographies et du texte, cette vidéo remet en question de manière ludique les notions de masculinité dans le contexte du lieu et de la terre.
Beny Kristia
Indonésie
Beny Kristia est né à Magelang et s'est installé à Malang pour poursuivre ses études en sciences de la communication. Avec ses amis de Berakinema, il y a réalisé plusieurs films qui ont été présentés dans des festivals nationaux et internationaux. Son film When The Blues Goes Marching In est le dernier qu'il a réalisé avant d'obtenir son diplôme universitaire. Après avoir obtenu son diplôme en 2025, il s'est installé à Jakarta pour rejoindre le collectif Milisifilem afin d'approfondir ses connaissances en cinéma et en art.
— When The Blues Goes Marching In
2025, 12:40. En indonésien avec sous-titres en anglais.
Un jeune homme raconte à son père les détails du rêve qu’il a fait la nuit précédente, mêlant célébration, manifestation, colère et remise de diplôme.
Mahishaa
Inde
Mahishaa est un cinéaste ambedkarite basé à Bangalore. La plupart de ses œuvres ont pour cadre la ville de Bengaluru. Ses films explorent les intersections entre les castes, le genre et la masculinité. Il est le fondateur de Neelavarana, un collectif d’artistes ambedkarites qui produit des courts-métrages, des clips musicaux et des documentaires mettant en avant les histoires des Bahujans, réalisés par des membres de cette communauté. Ses œuvres ont été présentées en Australie, en Allemagne, en Inde et dans de nombreux autres pays.
— Babasaheb In Bengaluru
2024, 4:46. En kannada et en anglais, avec sous-titres en anglais.
À Bengaluru, les statues du Dr B.R. Ambedkar — affectueusement surnommé Babasaheb — constituent de puissants symboles de résistance et d’égalité. Contrairement aux monuments financés par l’État, ces statues existent grâce aux efforts et aux sacrifices de la population. Plus que de simples idoles, elles incarnent l’appel de Babasaheb à « éduquer, mobiliser et organiser », nous rappelant que sa vision de la dignité, de l’éducation et de la justice sociale continue d’inspirer des millions de personnes à travers l’Inde.
Chantal Partamian
Liban, Canada
Chantal Partamian est une cinéaste expérimentale et documentariste, ainsi qu’une archiviste. À travers son œuvre, la pellicule, la mémoire, l’obsolescence et les imaginaires politiques se mêlent pour mener une réflexion sur l’effacement, le déni, la répétition et le flou. Les œuvres de Chantal ont été présentées et récompensées dans de nombreux festivals en Allemagne, au Canada, au Liban, en Arménie, ainsi qu’en France, en Égypte et en Croatie. Chantal vit au Canada.
— Traces / آثار
2023, 8:45.
Parmi les décombres d’un immeuble détruit, une bobine de film.
Une succession inattendue de corps queer qui prennent forme, tandis que la ville ravagée par la guerre qui les entoure et son spectacle de masculinité toxique se décomposent et s’effondrent.
Accessibilité
Pour toute question ou demande concernant l’accessibilité à l’événement ou à notre espace galerie, veuillez contacter James par e-mail ou par téléphone au 514-842-9686. Pour obtenir des informations générales sur l’accessibilité, veuillez consulter notre page dédiée. Nous sommes engagés à créer un espace inclusif et accueillant pour toustes.
Compte tenu de la propagation actuelle de la COVID-19 et de la grippe, veuillez noter que le port du masque est vivement recommandé pendant les événements.