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ENCRE ROUGE/RED INK


  • articule 6282 Rue Saint-Hubert Montréal, QC, H2S 2M2 Canada (map)

Dominic Lafontaine

© Crédits photographiques : ENCRE ROUGE/RED INK, Dominic Lafontaine, 2025.

ENCRE ROUGE/RED INK — Dominic Lafontaine

Exposition du 16 janvier au 28 février 2026
Vernissage en présence de l’artiste, le vendredi 16 janvier 2026, de 17h à 19h
Lancement de prototype, visite guidée et présentation: le samedi 28 février 2026 à 16h

ENCRE ROUGE/RED INK est une installation multimédia qui expose le phénomène du Fauxtochtone : le non-autochtone qui se présente comme autochtone.

L’œuvre raconte l’histoire du Conseil de la Fédération des Premières Nations (CFPN), une organisation fictive créée via l’intelligence artificielle. Le spectateur est invité à revivre une journée cruciale de l’histoire du CFPN en visitant le lieu de son siège social, où l’organisation fabrique ses cartes d’identité.

À travers une approche humoristique, l’artiste Dominic Lafontaine a cherché à mettre en évidence comment des organisations réelles, similaires au CFPN fictif, utilisent la bureaucratie comme arme culturelle afin de bénéficier des « avantages » perçus de l’identité autochtone. Ces acteurs versent de l’encre rouge afin de s’approprier le sang « rouge ». 


Dominic Lafontaine est un artiste, poète et musicien Algonquin. Ses œuvres artistiques, souvent audacieuses, humoureuses et absurdes, explorent les notions d’identité, de sens et d’appartenance culturelle. Un gradué en Arts Visuels à l’Université d’Ottawa, Il cherche à synthétiser sa connaissance de l’histoire de l’art autochtone avec des nouveaux médias afin de redéfinir la substance et le vocabulaire esthétique de l’art anishinabe contemporain. Son motto: « Recherche, remixe et répète ! ».


© Photos de Guy L'Heureux, ENCRE ROUGE/RED INK de Dominic Lafontaine, 2026.


Club des écrivain·e·s —

ENCRE ROUGE : La blague est pour toi

Texte d’exposition de Mercedeh, traduit par Amaïa Pelletier

Le 20 janvier 2026

ENCRE ROUGE est une exposition pour ceux qui aiment les escrocs autant que les chercheurs de vérité, quelque part dans le genre de documentaire-Dada¹. Dominic Lafontaine le présente comme ceci « La vérité est enfouie quelque part dans la confusion et non dans le dogmatisme, encore moins dans la prédication ».

Son utilisation de l’IA pour la construction surréelle de mondes m’amène à me demander comment un outil aussi conflictuel pourrait être utilisé pour nous refléter la vérité. Que vous soyez profondément opposé·e à l'IA ou que vous croyiez dans le salut promis par cette technologie, nous pouvons certainement admettre que cela fait ressortir quelque chose de l’humanité. À nous de voir si nous pouvons nommer ce qu’est ce quelque chose avant que la bulle n’explose, comme beaucoup tentent déjà de le faire. 

Dominic revient sur l’idée de l’IA en tant que miroir. Ce qui advient de votre utilisation de cet outil en tant qu’artiste dépend de votre intention. L’IA est-elle un fléau qui nous détruit ? Complètement. Et cette exposition, alors ? Je pense qu’elle tente d’échouer par tous les meilleurs moyens possibles. (Et je présente cela comme un compliment, Dominic) :

« Tout ce que vous trouvez étrange, laid, inconfortable et désagréable dans un nouveau médium deviendra sûrement sa signature. La distorsion des CD, l'instabilité de la vidéo numérique, le son médiocre du 8-bit – tout cela sera chéri et émulé dès lors qu'il sera possible de l'éviter. C'est le son de l'échec : une si grande partie de l'art moderne est le son de choses qui échappent à tout contrôle, d'un médium qui pousse ses limites et se brise. Le son de la guitare distordue est le son de quelque chose de trop puissant pour le médium censé le porter. Le chanteur de blues à la voix cassée est le son d'un cri émotionnel trop puissant pour la gorge qui le libère. L'excitation du film granuleux, du noir et blanc délavé, est l'excitation de témoigner d'événements trop mémorables pour le médium assigné à les enregistrer. »  

-Brian Eno, A Year With Swollen Appendices 

ENCRE ROUGE aiguise et duplique exactement ce qui est si intéressant à propos des artistes humains : l’illusion. Ou, dans le cas de l’IA, ce qu’on nomme hallucinations. Chaque échec de la réalité est là où l’art (et sans doute la vérité) existe. 

Si tu demandais à une IA de créer une assemblée fictive de Premières Nations, quel type d’absurdité serait générée ? Et cette absurdité serait-elle vraiment similaire aux traités et documents d’une réelle assemblée de Premières Nations ? Si oui, qu’est-ce que ce reflet nous montre sur ce qui fonctionne ou non dans ces assemblées ? Pour Dominic, bien que ce soient des institutions importantes de la souveraineté autochtone, ce sont aussi des inventions coloniales conçues pour entraver ces nations en employant la bureaucratie pour interrompre les liens fonciers avec le territoire. Comme l’IA, tout peut être une arme, selon qui l’utilise, comment et contre qui. 

À chaque fois que Dominic intercepte un glitch absurde dans l’écriture de l’IA sur les principes fondamentaux de l’Assemblée, ou dans les portraits ou biographies de ses membres, il voit une opportunité de continuer à approfondir et faire une boucle de ces hallucinations. Que ce soit des résumés surqualifiés, des noms et images victimes de la caricature, l’art commence à imiter la vie. La vérité est bien plus étrange que la fiction. 

Dominic a nourri un dialogue de questionnement des deux côtés de l’élaboration des politiques autochtones à travers cette exposition, qui nous emmène magnifiquement dans le sujet des “fauxtochtones”. Ce terme, inventé par les communautés autochtones, sont des gens et institutions commettant de la fraude à l'identité dans le but de recevoir des allocations pourvues pour la réconciliation et l'équité autochtone. Cet enjeu attire de plus en plus l’attention car un afflux de musicien·ne·s de haut profil, auteurices, politicien·ne·s, et professeur·e·s sont pris·es dans le mensonge. Les communautés autochtones tentent de définir malgré tout leur appartenance tribale, authenticité, adoption cérémoniale et parenté de manières qui protègent ces cultures d’opportunistes, tout en laissant l’espace pour ceux qui connectent avec leurs nations après que les politiques canadiennes les ont forcés à y renoncer. Les conseils tribaux et leurs critères sur qui serait qualifié·e pour en être membre, sont remis en question, car ils peuvent promouvoir des idéaux coloniaux tels que l'héritage patrilinéaire, les tests d’ADN et les lois des degrés de sang

Lors du développement de son processus, Dominic a commencé à reconnaître des traits familiaux ressortant de la canopée de l’IA, ce qui l’a malgré lui emmené à la naissance du sosie fauxtochtone de son oncle ! La tendance de Dominic à refuser la censure ou à censurer lui-même la distorsion de son oncle, ou de son peuple, m’offre un moment de pause parmi les distorsions nombreuses de nations autochtones qui existent déjà. Je reconnais mon inconfort en tant que colon dans cette surface grise, mais mon propre héritage racialisé me permet de comprendre le pouvoir de récupérer ces distorsions et de l'utiliser dans notre art. Lorsque je réfléchis à comment l’art et l'habileté politique s'entremêlent, je sais que chaque première nation commence par planter les graines de sa légitimité à travers la création mythologique. J’imagine que le travail de conteurs tels que Dominic pourrait peut-être approfondir une partie importante de l’édification d'une nation autochtone en creusant des trous dans le mythe de création du “Canada” et en amplifiant cette hallucination-coloniale collective au paroxysme de son absurdité. 

J’ai demandé à Dominic : « Comment peut-on savoir ou se positionner en tant que colons dans cette conversation ? Ce n’est pas notre place d’y participer, mais néanmoins nous ne voulons surtout pas encourager les fauxtochtones frauduleux. En même temps, il est hors de question pour nous de scruter les personnes autochtones dans nos vies. Comment peut-on interagir avec cette exposition en tant que personne allochtone de l'Île de la Tortue ? ». Sa réponse : « Ne pas prendre les choses trop sérieusement ».  Pour Dominic, le dénominateur commun parmi les fauxtochtones et publics allochtones à ses expositions est qu'iels prennent tout cela bien trop sérieusement. Il dit que c’est une atmosphère qui a du mal à interagir avec le satyre et rate complètement l'opportunité de « tendre d'abord vers l’humain ». 

Donc amusez-vous pleinement lors de votre visite d’ENCRE ROUGE ! Avant tout, l’art est un bouffon avec l'autorisation de se moquer de toustes. L’IA n’est pas assez consciente de soi pour l’humour, ne prenez donc pas tout au premier degré !

¹ Un terme qui est né de notre conversation. Dominic a nommé ces styles comme des reflets de son travail et je pense qu’ils créent un nouveau style convaincant lorsqu’ils sont superposés. Nous pensions que ceci pourrait définitiement devenir un nouveau style au cours de notre époque, à travers laquelle nous confrontons le brouillage cérébral du temps de guerre du mouvement Dada, en même temps que nos téléphones nous inondent d’images en direct, manipulations d’algorithmes, vidéos d’IA et tout un nouveau type de brouillage de cerveau. 


Mercedeh est un·e invité·e non-invité·e à Tio’tia:ke et iel a peur de mourir. Iel crée de l’art depuis la Route de la Soie Intergalactique et espère que cela mènera à une révolution à laquelle nous survivrons toustes Lorsqu’iel n’est pas en train de pleurer dans la douche, Mercedeh travaille en tant que derviche tourneur·se.


Événements associés

Lancement de N-É 2000 - Visite guidée et présentation

Dominic Lafontaine

Le samedi 28 février 2026, à partir de 16h


Accessibilité

Pour toute question ou demande concernant l'accessibilité à l'événement ou à notre espace d'exposition, veuillez contacter James par courriel ou par téléphone au 514-842-9686. Pour des informations générales sur l'accessibilité, veuillez consulter notre page dédiée.

Compte tenu des transmissions continues du COVID-19 et de la grippe, le port d'un masque est fortement recommandé lors des événements.


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