Dans l’esprit du travail collectif

05/04/2012

La technologie est censée rendre la vie plus facile, donner plus de temps pour se rapprocher les uns des autres. Toutefois, elle a souvent l’effet contraire: on se fâche lorsqu’elle ne fonctionne pas comme on veut, ou lorsqu’elle fait défaut trop vite ou plus souvent que prévu. La technologie nous fais souvent perdre notre temps. Bien que son intention soit de nous rassembler, elle tend plutôt à créer un clivage dans les relations humaines. Le potentiel d’accès à l’autre qu’elle offre est immense, mais la qualité des relations s’en voit au contraire appauvrie. Chez les sociétés occidentales d’aujourd’hui, la technologie est l’intermédiaire de tout contact, mais le problème qu’elle crée en est justement un de médiation. Si elle devait à l’origine servir à former le communautaire, la technologie parvient maintenant plutôt à nous cloîtrer.

Qu’arrive-t-il alors, lorsque nous prenons cette technologie abîmée, cette technologie qui ne peut plus prétendre au rapprochement, et que nous la mettons entre les mains d’artistes? L’Institut de l’artéfact ouvre boutique avec Service 1, un atelier qui offre l’occasion de créer et de former des liens dans la communauté par l’entremise de détritus technologiques. Adam Kelly et Tim Dallett, le personnel de l’Institut de l’artéfact, occuperont la galerie et serviront de consultants. Ils offriront des conseils quant aux moyens de redonner un nouveau souffle, voire redonner vie à des artéfacts technologiques abîmés, inutiles, obsolètes ou indésirés. Sans nécessairement transformer physiquement ces objets électroniques, l’Institut de l’artéfact veut travailler avec la communauté afin de trouver un nouveau potentiel à ces choses qui ne font plus qu’amasser la poussière.

Le projet d’intervention de l’Institut de l’artéfact peut être perçu comme faisant partie d’un plus vaste discours lié à la culture hacker/créateur/DIY qui met de l’avant des notions d’obsolescence/gaspillage/réutilisation. Mais surtout, ce projet s’inscrit dans le désir d’articule d’offrir un art où le public est appelé à participer.

Que signifie pour un artiste l’interaction avec la communauté? En tant que médiateur entre la galerie et le public, l’initiative de l’Institut de l’artéfact est importante: les objets apportés dans le cadre des ateliers sont autant de tremplins vers la discussion. L’Institut de l’artéfact travaille avec le public afin d’offrir des solutions aux petits problèmes technologiques, une activité qui en cours de route donne à penser et échanger sur des questions à portée plus grande.

 

Traduction de l’anglais : Simon Benedict

 

Amber Berson est passionnée par l’art et son potentiel de changement social. Ses recherches sont actuellement axées sur l’art et le deuil, les pratiques muséales, les théories narratives et les collections vernaculaires. Son mémoire de maîtrise (Université Concordia) examine la manière dont les femmes autochtones disparues et assassinées ont été représentées dans l’art canadien. Elle travaille à Eastern Bloc et a récemment cocommissarié SIGHTandSOUND 2 et Espèces vulnérables à Eastern Bloc, In Your Footsteps à la galerie VAV, Désirs réagencés : exposer l’ « autre » chez soi au FOFA et We lived on a map... dans l’espace d’exposition du Centre for Ethnographic Research and Exhibition in the Aftermath of Violence/Centre de recherche ethnographique et d’exposition sur les conséquences de la violence (CEREV).

 

Participating artists: 
Amber Berson

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